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Questions /Réponses

en 48 H

Bon vent et bonne traversée !

Frédéric BART

MBA ESSEC

MBA Cornell University

Docteur en sciences économiques

Docteur en droit

Ingénieur en génie civil Université de San Francisco de Macoris

A mes débuts dans la vie

Demain, j'enlève le bas....

 

Actuellement, président de 8 sociétés immobilières en République dominicaine et d'une société en intelligence artificielle à Bangalore, en Inde.

créateur du site HC-GAIA

 

 

Actuellement, président de 8 sociétés immobilières en République dominicaine et d'une société en intelligence artificielle à Bangalore, en Inde.

créateur du site HC-GAIA

'La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré. Et pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu, beaucoup souffert et aimer encore le monde."

Blaise Cendrars

     Je suis né fils unique, d’un père général ,de tempérament très autoritaire et ayant passé une grande partie de sa carrière dans la Légion étrangère !

     C’est dire que très vite, étant encore enfant, j’ai du prendre une décision capitale, généralement réservée aux adultes :

     Me soumettre ou devenir un rebelle.

Mais, en tant qu’enfant, puis adolescent, je n’avais pas eu le temps, ni l’occasion d’apprendre l’art des nuances et de la modération. Je suis donc devenu un rebelle contre tout ! La totale !

     J ai été renvoyé de 2 lycées pour indiscipline. Il en a été de même chez les scouts et les curés lorsque, enfant de chœur, j’ai été surpris dans la sacristie ,à boire au goulot les bouteilles de vin de messe.

     A la même époque, mes parents ont découvert ma cache secrète à l intérieur de mon piano : Des bouteilles de whisky et de Pastis, une collection de Playboy, et surtout des livres de Sartre, Camus, Baudelaire, Rimbaud…quelle horreur ! Des communistes, des alcooliques et des drogués, aux yeux de mes parents !

     Ma destinée s’est donc inscrite dans une succession de différents pensionnats (avec encore plusieurs renvois à la clé, toujours pour indiscipline…)

     Ayant réussi mon Bac C avec mention Bien,  j ai intégré la prépa Maths Sup du Prytanée militaire à La

Flèche pour y préparer le concours d' entrée à Polytechnique. Malheureusement, je m'accommodais mal d'une discipline militaire tatillone et j'organisais , un week end, une beuverie qui se termina par une dizaine d'élèves en coma éthylique et l'incendie de la salle de classe... .je fus renvoyé et j'intégrais la prépa HEC du Lycée Kleber à Strasbourg.

     Bien sur, j ai été renvoyé du pensionnat au bout de 3 mois…

     Ce fut à l occasion d une mémorable bataille de bombes à eau que j’avais organisée entre les prépas sur les 5 étages du batiment . Malheureusement, le seau rempli d’eau de la femme de ménage, que j’avais placé en équilibre sur la  porte de l’entrée du dortoir, s’est déversé sur …le surveillant général qui venait rétablir l’ordre. Il n y a pas eu d enquête sur le présumé fautif. J’ai été condamné d’office…Je n'ai pas fait appel...

     A la fin de l’année, je réussissais toutefois le concours d’entrée à L’ESSEC, ou j’ai passé 3 ans à faire du sport ( capitaine de l'équipe de rugby, moniteur de Karaté…) , avec quelques « potacheries » pour ne pas perdre la main , et à tricher pour passer mes examens ( j’étais également inscrit en licence de droit ainsi qu’en licence de sciences économiques à la Fac d’Assas !! Comme je ne pouvais pas être présent parfois à 3 endroits à la fois, un camarade répondait "présent" à ma place à tous les cours que je séchais... ) .

     A cette époque, j’ai fait à peu près tous les petits boulots possibles et imaginables, ce qui m'a enrichi d’une formidable expérience humaine, à défaut de m’avoir enrichi financièrement  : Moniteur de colonies de vacances en Angleterre, moniteur de Karaté dans mon club, chauffeur de maître, professeur de finances à l’EAD Paris, j’ai donné des cours de piano, des cours particuliers de maths, agent de sécurité de personnalités politiques, cobaye dans des centres de psychologie...         Avec un camarade, nous avons déchargé les camions de fruits et légumes aux Halles, la nuit, nous avons organisé des parties de poker truquées, des soirées chic privées dans la cave des Bernardins ( nous récupérions les bouteilles originales de Chivas et Glennfiddish millésimées dans les poubelles des grands restaurants et les remplissions de whisky bas de gamme de chez Auchan)

     Un souvenir mémorable : Ayant été lauréat du concours des bourses Zellidja, je suis parti en auto stop en Suède, officiellement pour faire une étude sur les souffleurs de verre dans le Smaland....hahaha

     Ayant rencontré un groupe de hippies suédois avec lesquels j’ai sympathisé, j’ai été en charge de la vente de leurs barrettes de haschich, car ils m'avaient expliqué que , étant étranger avec des cheveux courts, j’avais moins de chance de me faire serrer par la police. J’ai donc démarré dans la vie comme vendeur de haschich dans les bistros du Gotland….Mais ne vous offusquez pas. C'était il y a longtemps et il y a prescription !

     Une autre fois, parti suivre les cours d'été de St Clare's ( Université d' Oxford ), je décidais d'aller passer quelques jours dans les montagnes et lacs du Pays de Galles. Arrivé dans le petit village de Beddgelert, je demandais à un habitant de m' indiquer une grange ou un abri quelconque pour y passer la nuit. Il m' indiqua une maison abandonnée à 2 km, dans la forêt. Je finis par la trouver et, après avoir fait réchauffer ma soupe sur un petit feu, je m' installais pour passer la nuit dans une chambre ou il y avait encore un vieux lit au premier étage.

     A minuit, je fus réveillé par un vacarme provenant du grenier. J' essayais bien de savoir qui cela pouvait être, mais aucune réponse. La trappe d' accès au grenier étant bloquée de l' intérieur. Je décidais de me recoucher, non sans avoir bloqué la porte avec une chaise et ma gamelle au dessus pour me réveiller au cas où...Je me souviens que le vacarme cessa à 1H00 du matin. Bon, je n'étais pas chez moi, j' étais plutôt squatter qu' autre chose, mais j'étais quand même révolté par ce que je considérais comme une intrusion !

     Le lendemain, en achetant mon pain chez le boulanger, je lui racontais mon histoire. Celui ci s' exclama: "Mais tu es fou ! C' est une maison hantée ! C' est pour cela que les propriétaires l' ont abandonnée !"

     Un autre souvenir  mémorable : J’avais choisi de faire mon stage commercial en Allemagne, chez Dornier gmbh, à Friedrichshaffen. A mon arrivée, le chef de service m’emmène au département enregistrement des commandes ou j’allais travailler avec….une vingtaine de jeunes allemandes !!!  A la fin de la semaine, je n’ai pas été renvoyé, mais j’ai été muté dans un autre service qui était composé de 5 gros allemands buveurs de bière….Cependant, le mal était fait : J’avais enfin trouvé le  paradis sur terre ! Et c'était..en Allemagne ! Halleluja !

     Il était temps de remplir mes obligations militaires. J’ai eu la chance de servir comme aspirant sous les ordres du colonel Georges Grillot ( héro des guerres d’Indochine et d’Algérie, et aujourd’hui le général le plus décoré de l’armée française ). Au lieu de me sanctionner pour mon indiscipline, il s’en amusait et m’avait pris en affection. ( Comme dans l’armée, on ne renvoie pas les indisciplinés, mais qu’on les traduit devant le tribunal militaire avec des jours de forteresse à la clé, j’ai échappé au pire ).

     Je suis resté jusqu’à ce jour en relation très étroite avec lui, et c’est lui qui m’a enseigné tout ce que je sais de la direction des hommes et de la maîtrise des situations difficiles. Je ne pouvais trouver meilleur maître !!

     Un jour que je houspillais un de mes sergents parce que je trouvais que ça n'allait pas assez vite, il me répondit, excédé de mes reproches:

" Mon lieutenant, nous, on doit être toujours derrière eux , alors que vous , dès que vous arrivez, ils sont prêts à vous suivre n'importe où. Même jusqu' en enfer si vous y allez !!"

     Je le pris comme un compliment. Et comme j' étais très loin d' en avoir reçu beaucoup dans ma vie, je m' en souviens encore aujourd' hui.

     De retour à Paris, je mettais un mois pour trouver un job plus convenable que vendeur de haschich .

     Mais, toujours dans la joie et la bonne humeur : Avec une copine, nous avons jeté des sacs de farine du haut du pont de l’Ile St Louis sur les bateaux mouches jusqu’à l’arrivée de la police fluviale,  attaqué le commissariat de la place St Sulpice avec des grenades à plâtre ramenées de mon temps sous les drapeaux et taggé les magasins du XVIéme avec des inscriptions « 50% de réduction sur tout le stock »….

     Je prenais donc la direction générale de Ligne Roset Allemagne.  Une société organisée à la française en Allemagne, le pays de l’ordre et de la discipline "über Alles" ! Je devins donc, pour les besoins de la patrie, plus allemand que les allemands eux-mêmes et je mis en place sans état d'âme aucun, une discipline de fer ! ( Un comble en ce qui me concerne, quand on a lu ce qui précède !!)

     En 5 ans, je multipliais le chiffre d’affaires par …x20, et reçu l’oscar d’or de l’exportation, remis par le premier ministre de l’époque, Raymond Barre. Ce fut aussi l’occasion de compléter ma formation par 2 doctorats universitaires à l’université de Strasbourg, sans avoir assisté à beaucoup de cours. Le sujet d’une de mes thèses fut : »le capital financier, humain, social, environnemental et culturel ». Une idée d’avant-garde à l’époque.

     Mais comme il n’était pas dans mes intentions de devenir allemand ( ni même Suisse allemand ou Belge ), je finissais par démissionner au bout de 5 ans. Je rentrais en France pour prendre la direction d’un très gros dépôt de matériaux de construction , sous contrôle des banques, avec pour tâche principale de procéder au licenciement du personnel en sur effectif. Mission accomplie sans gloire. Je succombais aux charmes de ma secrétaire qui était vraiment trop mignonne , bien que responsable local de la CGT. Bon, je n'ai jamais eu de problème avec la CGT....

     Lorsque la famille Roset reprit contact avec moi pour me confier la direction de Ligne Roset USA, à New York. Ce fut l’occasion de découvrir enfin les USA, le pays du business et de la libre entreprise. Une très grande expérience.

     Je m imprégnais  très rapidement de la mentalité et du mode de vie américains, je passais même en un an et sans gros effort personnel, le MBA de Cornell, l’une des plus prestigieuses universités américaines. ( Bon, j' ai quand même du payer 60,000 dollars rien qu' en frais de scolarité ! )  Malheureusement, j’étais en conflit avec la direction du groupe en ce qui concernait le positionnement et la stratégie commerciale, laquelle avait été élaborée avant mon arrivée par un cabinet de marketing…français , qui savait tout mieux que les américains aux USA ! Fermez le Ban, vous avez compris.

     Je démissionnais donc une deuxième fois et fut recruté par le groupe Sodexo.

     Au bout de 2 mois de formation sous la direction d’un des deux vice présidents du groupe,  je fus convoqué dans le bureau de Pierre Bellon avec les deux VPs . A ma grande surprise, ils m’annoncèrent que j’étais nommé directeur général de pays. Ils me donnèrent 48H pour choisir entre 3 pays, deux qui nécessitaient une gestion tranquille de bon père de famille , et le Nigeria, la bête noire de la Sodexo, pays sous développé plein de pétrole et le nid de toutes les corruptions, rackets, attaques à main armée…etc 

     Je déclarais : « On va gagner du temps : Avec votre accord, je choisis le Nigeria. C’est  où exactement ce pays ? » Pierre Bellon me répondit : « Ne faites pas le malin. Votre billet d’avion est déjà réservé. »

     Je compris que je venais de me faire manipuler en toute beauté par beaucoup plus fort que moi : Lorsque vous voulez confier une responsabilité à risque à un collaborateur, il est important que ce soit lui qui décide de l'assumer.         D'une part, il ne pourra pas vous reprocher de lui avoir confié une responsabilité trop lourde. D'autre part, il fera tout pour réussir afin de ne pas avoir à se déjuger et de passer pour une grosse truffe.

     Je passais donc deux années très intenses au Nigeria : 5,000 employés répartis aux quatre coins du pays avec 250 cadres expatriés de toutes nationalités, américains, anglais, allemands, indiens et même des belge. CEO avec tous les pouvoirs et responsabilités, le danger, l’exotisme…Une expérience et une aventure humaine exceptionnelles.

     Mais j’allais finir par comprendre mes limites :

     J'étais, certes un manager compétent et efficace. C'est ce que j'avais appris à faire, c' était donc un peu normal . Mais je n'avais aucun sens politique , ni le goût des intrigues, de la langue de bois et des combines.

     J'avais 35 ans et occupais un poste où les 24 autres ( en compétition pour le poste de directeur général de continent ) avaient une moyenne d'âge de 55 ans et une ancienneté d'au moins 20 ans dans l'entreprise. En plus, j'obtenais des résultats ! Une coalition à mon encontre s'est donc mise en place. J'aurais dû rentrer plus souvent au siège afin de mettre en place un contre -feu, monter des intrigues, manipuler , trahir....Mais ce n'était pas ma tasse de thé ( Et ça ne l'est toujours pas aujourd'hui )

     En conséquence, je réalisais qu'il était temps de "monter ma boîte", de relever de nouveaux défis , de quitter le nid douillet des multinationales et de goûter à d'autres plaisirs !

     De retour en France à Paris, en 3 mois, je me lançais sur le marché de la restauration livrée avec une première société, "Telelunch", puis "Aiki", soit une dizaine d' unités  . Ce marché n'existait pas en France à cette époque ( Domino Pizza venait juste d'ouvrir )

     Je fis simplement un copier/coller de ce que j'avais connu aux USA. Bien sûr, je fis conscienscieusement mon business plan avec étude de marché/consommateur/produit...etc ( je me souviens être allé moi-même dans les rues , en jeans et haut de survêtement à capuche, pour faire mes enquêtes d'opinion )

     Je démarrais donc la "boite" avec.....

aux cuisines : un ex légionnaire....

en livraison: un ex parachutiste et 2 étudiants péruviens....

au secrétariat : une jeune femme qui remplissait le critère de sélection habituel à l'époque: Avoir les plus gros nichons . ( Non ! Je plaisante. Quoique si mes souvenirs sont bons...)

      Le succès fut au rendez vous très vite. ( Mon petit Ego fit que je l 'attribuais à mes compétences, mon intelligence, ma maitrise des affaires....En réalité, j' ai eu du cul ! j' avais juste lancé avec chance le bon produit, au bon endroit et au bon moment .) Je lançais parallèlement un cabinet d'avocats conseil en fiscalité et une société de logiciels informatique. Mais sans grosse réussite toutefois.

     Ce fut encore une expérience humaine très riche : Gérer presque 200 coursiers dont la majorité était payée en espèces ( la plupart étant interdits bancaires ) et une dizaine d'équipes de cuisiniers....Il vaut mieux savoir gérer les conflits, en force ou en douceur....Les coursiers et les cuisiniers...Ils ne font pas dans la dentelle...Mais moi non plus.

     Mais à part ça, j' avais une vie très équilibrée, peut être un peu trop : Comme je commençais à douter de l' avenir économique de la France et en avoir marre de la bureaucratie, je fis les démarches pour m' installer en Nouvelle Zélande, avec l' intention de m' en servir comme base pour attaquer les marchés d' Asie, en pleine expansion . Je procédais donc à la vente de toutes mes sociétés.

     Malheureusement, il y avait un "couac".

     Lors de mes séjours là bas, j 'avais succombé aux charmes de la belle soeur de mon meilleur copain, Mark. J'étais , malgré moi, devenu partie intégrante de la famille. Mon avenir s'inscrivait donc dans une carrière de notable marié et rangé . Je sentais la corde se resserrer autour de mon petit cou. Je me dégonflais avec une grande lâcheté . Une semaine avant le départ, après quelques semaines d' angoisse, je découpais une vingtaine de noms de ville dans le dictionnaire, je les mis dans un chapeau et je piochais....Miami !

     C'est ainsi que je débarquais à Miami, le 30 septembre 1996, où je ne connaissais personne !

     A Miami, un bon camarade de l' ESSEC , qui était président de l' Oréal pour l' Amérique du sud, me mit à disposition un bureau et une secrétaire qui finit par me dénicher un appartement sur Miami Beach dans un motel qui acceptait les chiens.( je n' étais pas seul, j 'avais ma chienne Gaia avec moi )

     Le motel fut revendu une semaine plus tard et devint un hotel de passe. Je passais donc 2 mois en compagnie de prostituées . Je ne fus pas leur client, mais leur copain, et c' est fou ce que l'on peut apprendre de la vraie vie à leur contact . Mais bon, être le confident de prostituées, ce n' était pas non plus un métier....

     Après avoir commencé ma carrière comme vendeur de haschich, je n' allais pas non plus devenir proxénète ...Il ne me serait plus resté que de devenir un homme politique pour atteindre le fond du gouffre !

       

     Comme j ' avais un diplôme d'une grande université américaine, je rentrais donc comme trader chez "Prudentials".

( Trader, ce sont les mecs qui se la pètent, qui roulent en Maserati et qui ne boivent que du Don Perignon millésimé )

    Comme j' étais doué en maths et que je n' avais que très peu de scrupules ou d' états d' âme, je devins rapidement chief trader Nasdaq, avec une cinquantaine de traders à diriger .

     Je n'étais pas vraiment meilleur que le chief trader qui fut viré...Mais il était payé 3 mios $/an et j'avais accepté de faire le même travail...à moitié prix. Bon, dans ma situation, j'aurais même accepté à la moitié de la moitié de son prix....

     Au terme de deux années d' un travail harassant ( Quand Wall street ferme, c' est la City et Frankfurt qui ouvrent, et quand ces deux là ferment, c' est Tokyo qui se réveille...)  mais fort rémunérateur, je décidais de partir en République Dominicaine pour y créer un projet immobilier. Je n' y connaissais pas non plus personne, mais je pensais qu' ils allaient apprendre à me connaître ....Et puis, à Miami, j' avais appris à parler espagnol avec les cubains...Vamos a la playa !

     Je m'installais à Las Terrenas, un petit village de 2,000 habitants sur la côte.

Une autoroute était en construction pour relier la province à St Domingue, un aéroport international était également en construction à 20 kms, les plages étaient magnifiques et la République Dominicaine sortait de 50 ans de dictature ( Trujillo, Balaguer...).

     Je décidais d' acheter un terrain de 120,000 m2 en bordure de mer pour y réaliser un projet immobilier. Mais comme je n'y connaissais pas grand chose en construction, je passais en 2 ans le diplôme d'ingénieur en génie civil à l' Université de San Francisco de Macoris, gérée par des américains. J'y étais à la fois étudiant en génie civil , indiscipliné bien sûr et en survêtement à capuche,.....et professeur de finances, droit international et administration des entreprises...où j'essayais de paraître sérieux du mieux que je pouvais en costume / cravate et en charge de la discipline....

     Certes, j'avais vu juste et le prix de mes terrains s'envola, passant de 4 $ le m2 à 80 $ !,comme le petit village qui devint une station balnéaire de 25,000 habitants.

     Mais, surtout la chance fut de mon coté, comme cela arrive quelque fois dans la vie. En 2005, je décidais d'investir tous mes avoirs en or physique. Le cours, depuis 30 ans était de 300 dollars/once. En un an, il atteignit ....1,500 dollars/once !!! Ma fortune était faite. Après tant d'années de labeur et d'incertitudes.

     Pour autant, cela ne changea rien à mon mode de vie. Je continuais à vivre avec un jean troué par l'usure , un T-shirt délavé par le temps, ma chienne Labrador "chouchou", des lézards et araignées de toutes tailles qui peuplaient ma villa, mais qui se chargeaient de la nettoyer de tous les moustiques possibles ( enfer des paradis tropicaux ) .

     J' y ai vécu 3 cyclones force 2. Des vents à plus de 200km/H suivis par la queue du cyclone: Des pluies torrentielles pendant 2 jours. Les dominicains en train de barboter dans 1m d' eau et leurs maisons en bois réduites à un tas de planches flottantes...

     Dès la fin du cyclone, toutefois, tout le monde était dans la rue , à déblayer les milliers de cocotiers abattus, à reconstruire sa maison....

     De mon coté, à chaque fois, j' ai mis 100 kgs de nourriture (pas des langoustes, mais du riz, des haricots, de l' eau potable à volonté, des bananes...) tous les jours, pendant une semaine, à l' entrée de ma propriété. Chacun venait se servir. Je craignais les abus. Hé bien, Non ! Chacun venait prendre ce dont il avait besoin pour lui et sa famille en laissant le reste pour les autres !!! Etonnant, non ?

     En 2014, je rentrais en France pour vérifier mon état de santé, car j' étais très affaibli.

L' histoire , c' est le thème la santé

     Cancer niveau 4....Un combat où je n' avais aucune expérience, mais que j' allais devoir affronter, et seul, de préférence.

     En 2017, je devais rentrer en République Dominicaine le 30 Janvier. Pour des raisons bassement quotidiennes, j'ai dû annuler ce voyage et j'en ai informé le dominicain en charge de ma villa. Ma chienne "chouchou" est morte le lendemain. Je me reprocherai toute ma vie, ce voyage stupidement manqué. Le bonheur est quelque chose d'immense qui ne tient souvent qu'à un fil. Pour moi, ce fil s'appelait "chouchou"....

     Dans mon âme d'enfant, que j'ai essayé de garder, envers et contre tout, et qui croit peut être encore au Père Noël, ( Je n'ai aucune honte à cela. Il y en a bien qui croient en François Hollande, hein ? ), je ne peux m'empêcher d'imaginer le pire : Et si "chouchou" s"était laissé mourir en apprenant instinctivement que je n'allais pas revenir comme promis ?

J'ai affronté bien des obstacles et des difficultés dans ma vie, mais jamais d'une telle violence que cette simple question.

     Sous ma carapace, j' ai peut être un coeur d'artichaud....ce n' est pas grave: Je n' ai jamais rêvé de devenir le roi du monde.J' ai déjà suffisamment à faire avec mon petit monde à moi. Alors, avoir un coeur d' artichaud...c' est mieux que d' avoir un coeur de pierre....même de diamant, c 'est pareil.

Avoir un coeur de pierre ou de diamant, ce n' est peut être pas le même prix, mais c' est le même caca..

    

à suivre